Comment gérer son stress

Isabelle LOUIS-PONSING
il y a 1 mois | 5 min de lecture

Je reçois fréquemment en consultation personnes stressées car il existe un retentissement sur leur santé : fatigue, déprime, dépendance (nourriture, alcool, jeux, drogues ou médicaments)...

Les Français sont les plus gros consommateurs mondiaux d’anxiolytiques et antidépresseurs.

Malgré les tempéraments plus anxieux que d’autres, chacun a son propre seuil de résistance au stress; il est pourtant possible d’agir.

De quoi parlons-nous?

Faisons un peu d'étymologie : ancien français, passé par l'anglais, stringere signifie tendre, serrer, contraindre, limiter, oppresser.

Hans SELYE, médecin canadien, élabore la première théorie sur le stress en 1930. Il distingue deux types :

·         le stress positif = tension qui améliore les performances 

·         le stress négatif = tension qui limite les performances

Définition

Le stress est une réaction de l'organisme à une agression par un agent extérieur
qui demande une adaptation du corps pour maintenir l'équilibre de l'état intérieur

Les stresseurs liés à l’environnement : Climat, Luminosité (conduite de nuit / brouillard, dépression saisonnière), Confinement ou la promiscuité, Bruit (abs !).

Les stresseurs quotidiens : Soucis ménagers (intendance), Tracas professionnels, Problèmes relationnels (voire la solitude) Mauvaise gestion du temps (manque d’organisation ou hyperactivité) Difficultés financières, Soucis de santé. A l’inverse notre stress peut être à l’origine d’une santé défaillante.

STRESS = impression de ne pas avoir le choix ou incapacité (réelle ou ressentie) de répondre à une demande.

CES STRESSEURS S’ADDITIONNENT

3 mécanismes de réaction

selon les ressources disponibles et le profil psychologique, la personne va choisir l'une de ces 3 réactions :

Flyght (fuite) : la personne va tenter de se soustraire au stress (souvent de façon inconsciente par la somatisation = maladie, voire la dépression…). 

Freeze (immobilité) : la personne va être inhibée (elle perd ses facultés d’action, de compréhension, d’expression [stupeur, trou de mémoire, bégaiement…]).

Fight (combat) : la personne va répondre de façon agressive (colère, irritabilité, impatience…)

Comme le montrent les résultats des travaux de Cannon et Laborit sur les rats, le système nerveux c’est fait pour agir !

Lors d’une modification de notre environnement, le corps répond par une modification physiologique, pour préparer le corps à faire face à l’environnement perçu comme une menace.

le système nerveux permet : d’être en rapport avec l’extérieur (5 sens) et d’organiser la réponse physiologique du corps qui fait intervenir le système nerveux central et le système nerveux autonome

Ce système sympathique qui n’a de sympathique que le nom peut provoquer notamment : transpiration excessive, mains moites, cœur qui bat la chamade, envie d’aller aux toilettes…

En cas de stress, sont sollicités principalement l’hypophyse et l’hypothalamus,ce qui libère des messagers vers les glandes surrénales qui sécrètent  des hormones adrénaline et cortisol

S’il ne nous est pas possible d’agir sur l’extérieur, nous pouvons encore agir sur nous-même et développons des maladies dites psychosomatiques…(asthme, ulcère, colite, obésité, lombalgies, céphalées et migraines, hyper et hypothyroïdie, maladies cutanées (psoriasis, eczéma, zona…)

Quels sont les effets du stress ?

Analyser ces effets grâce à la spirale du stress pour comprendre nos réactions  

Par exemple vous êtes dans un embouteillage alors que vous avez un rendez-vous important : vous pouvez rester calme, en colère ou impuissant ou culpabiliser.

Les profils de réaction au stress

Le stress ne nous touche différemment selon notre personnalité. 

•      Expression extravertie des effets du stress : colère, larmes. Excès adrénaline.

•      Expression introvertie des effets : seuil de tolérance semble élevé pas de manifestation (cocotte-minute) : ravale, rumine. cortisol en excès.

Notre réaction au stress est aussi fonction du développement psychomoteur. si réflexes archaïques pas en place de façon harmonieuse, sensibilité stress accrue.

Lorsque le stress est trop répétitif, ces hormones ont un effet destructeur sur le corps.

Risque pathologique du profil 1 : maladies cardiovasculaires : migraines, insomnies, hypertension, infarctus, attaque cérébrale…

Risque pathologique du profil 2 : la baisse de l’immunité : inflammations (« ite »), ulcères, dépression, vieillissement accéléré comme l’arthrose, troubles cutanés, allergies, insomnies, cancers…

Les effets à long terme

Phase d’alarme : la vigilance augmente, ainsi que la tension, l’anxiété
Phase de résistance : Si on ne trouve pas de solution, les effets perdurent de façon moindre ; peut durer des années.
Lorsqu’on atteint le seuil de tolérance (lié à personnalité, éducation, l’expérience, croyances) on atteint la troisième phase (c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase) = Phase de décompensation ou d’épuisement (explosions de colère, maladie ou dépression)
Burn-out seuil de tolérance au stress dépassé non-spécifique à un profil.

stratégie d’évitement = seuil de tolérance diminue,
stratégie d’affrontement seuil de tolérance augmente.

Il est donc important dès le plus jeune âge d’exposer les enfants à la frustration     

Comment gérer notre stress ?

Comment ne pas nous laisser déborder par toutes ces réactions physiologiques, grâce à un plan de gestion du stress :

Identifier puis évaluer les stresseurs

Mettre en place une stratégie reposant sur trois aspects :

·         Physiologique (sport, sommeil, alimentation, loisirs)

·         Psychologique (travail sur soi pour relativiser, avoir une meilleure estime)

·         Organisationnelle (revoir priorités)

 

#user_avatar#
#comment_user_firstname#
#commented_time#
#commented_content#
#user_avatar#
#comment_user_firstname#
#commented_time#
#commented_content#