Comment apprendre et mémoriser facilement

Isabelle LOUIS-PONSING
il y a 3 mois | 11 min de lecture
Comment apprendre et mémoriser facilement

Se préparer à apprendre

C’est une évidence, on retient plus facilement si on a un intérêt porté à la chose à apprendre.

Quand l’intérêt est important, il n’y a aucun effort à fournir pour mémoriser (je parie que votre enfant connait tous les Pokémons par cœur, avec leurs caractéristiques… 😉).

En revanche, lorsque votre enfant doit mémoriser des mots en anglais ou apprendre une leçon, ce n’est pas aussi facile !

Un enfant qui rencontre des difficultés à mémoriser est souvent un jeune qui ne voit pas l’intérêt de retenir les leçons. Il est donc important que votre enfant puisse trouver un intérêt à apprendre.

S’il a déjà un métier en tête, cela peut l’aider à se motiver si le niveau d’étude est exigeant ; mais tout aussi bien il peut se désinvestir des matières dont il ne voit pas l’utilité.

S’il n’a aucune idée de ce qu’il veut faire, rappelez à votre enfant qu’il doit faire attention à ne pas se fermer des portes en lâchant certaines matières ! Oui, on peut vouloir être joueur de football et pour autant être bon en anglais peut être très utile (pour partir jouer un match à l’étranger ! 😀).

Comment faciliter la mémorisation

Pour se préparer à apprendre ses cours, il est donc nécessaire que votre enfant se pose la question du pourquoi (et pour quoi) il apprend : pour avoir de bonnes notes (peut-être vise-t-il à être parmi les premiers de la classe), par curiosité, par peur d’une sanction s’il a de mauvaises notes, pour vous faire plaisir, pour faire plaisir à l’enseignant…

Il faut pouvoir répondre à une demande précise pour estimer le niveau de l’apprentissage : doit-il savoir par cœur (c’est-à-dire connaître mot-à-mot une définition) ou peut-il mémoriser avec ses propres mots ? Doit-il mémoriser un texte ou seulement des mots de vocabulaire ? Doit-il être capable « seulement » de répondre à un quizz ? Il est évident que le niveau de connaissance ne sera pas le même !

Très souvent je rencontre des jeunes qui ne savent pas précisément ce qu’ils doivent mémoriser !

Votre enfant doit donc se fixer un objectif précis (cours ou chapitre) et concret (être capable de restituer ou d’appliquer des connaissances).

Connaître ce qui facilite la mémoire à court terme

Il existe plusieurs mémoires, dont la mémoire à court terme qui permet de retenir pendant quelques instants l’information reçue. Pour que l’information passe de la mémoire de travail à la mémoire à long terme, il faut tenir compte des capacités mentale du jeune.

Certains enfants vont avoir une mémoire auditive et dans ce cas, être attentif en cours à ce que l’enseignant dit, réciter à haute-voix son cours peut être efficace (moins facile pour un jeune étudiant en co-location 😕).

De façon générale, pour retenir quelque chose, il est nécessaire d’être attentif en cours !

Mais pour un enfant avec une mémoire visuelle, répéter à voix haute ne va pas l’aider à mémoriser les informations. Pour mieux retenir l’information, il sera plus efficace de lire son cours.

Apprendre et retenir

Pour mieux mémoriser, il est nécessaire de préserver les neurones, (les cellules du cerveau).

Il est donc conseillé de faire une pause en rentrant des cours (le trajet jusqu’au domicile peut être suffisant !) pour laisser le cerveau « respirer ». Une pause de 15 minutes est suffisante, notamment pour se reconnecter aux réseaux sociaux 😉, mais pas besoi d'une série de 50 minutes !!

Mais si le jeune a une activité extrascolaire, c’est encore mieux ; sauf si cela pénalise ses apprentissages en raison de l’investissement demandé.

S’hydrater est important car le cerveau a besoin de beaucoup d’eau pour fonctionner de façon optimale (il contient 80% d’eau) ; il est important d’éviter les sodas qui créent un pic d’énergie qui provoque des difficultés de concentration suivi d’une baisse importante qui entraîne des difficultés d’attention, voire de la somnolence ! Les fruits sont à préférer aux jus de fruits car ils apportent des fibres, ce qui ralentit l’absorption des sucres (voir ci-dessous).

S’alimenter permet d’apporter des glucides qui est aussi un des carburants du cerveau ; là encore, il s’agit d’éviter les sucres rapides en privilégiant du pain ou une viennoiserie ou encore un fruit, plutôt qu’un bol de céréales.

Faire de la gymnastique cérébrale (braingym) permet de stimuler la matière grise et surtout la matière blanche qui se trouve entre les deux hémisphères cérébraux. Les deux parties du cerveau étant mieux connectées, il fonctionne de façon plus performante.

L’idéal est de mettre en place un rituel pour éviter d’avoir à faire un effort de volonté pour se mettre au travail en automatisant certains gestes (gouter, boisson, braingym…).

Comment s’organiser pour apprendre efficacement

Le processus de mémorisation est facilité par la planification.

Planifier temps de travail/ temps de pause

Pour retenir plus facilement, il est important de se rappeler que le principe de Pareto (le ratio 80/20) s’applique aussi à la capacité d’attention ; pour retenir facilement, votre enfant doit alterner environ 50 minutes de travail pour 10 minutes de pause (50/15) ; cette durée est à adapter selon la capacité d’attention et l’âge (25/5 ou 70/20).

Si votre enfant n’arrive pas à faire un exercice ou apprendre son cours, inutile d’y passer des heures ; mieux vaut aller se promener, cela déstresse et favorise la créativité nécessaire pour trouver la solution à un problème.

Répétitions espacées

Pour mémoriser sur le long terme, il est nécessaire de revoir les leçons apprises plusieurs fois. L’idéal étant de faire la fiche le jour J, puis de la revoir sous forme de quizz de façon espacée à J+1, J+3 et J+7 et J+21. De cette façon, le cours aura été bien mémorisé, car en retournant plusieurs fois sur le même cours, on envoie le signal au cerveau que l’information est importante et mérite d’être retenue !
C’est un gain de temps lorsque cette technique est appliquée dès la première année de collège car sinon votre enfant risque d’être en panique lors du brevet quand il se rendra compte qu’il a oublié les notions apprises les années précédentes (car le brevet porte sur les 3 dernières années scolaires !)

Pour cette technique, prévoir 4 boites qui vont servir à ranger les fiches « à faire » (seulement le titre et dans l’idéal le soir même), « à réviser » grâce au quizz (à J+1), « à revoir » à J+3 ou J+7 si la fiche n’est pas sue, « mémorisées » à J+21.

Ainsi à J+1, après avoir fait son quizz seul ou avec un parent ou frère/sœur ainé.e, votre enfant pourra mettre la fiche dans l’une des boites selon la difficulté qu’il a eu à se retenir des informations. Quand le cours est bien mémorisé, direction la boîte « mémorisé ». C’est rarement le cas avant J+7 😉!

Comment mémoriser facilement et rapidement

Se souvenir des cours

En rentrant chez soi, proposez à votre enfant de ne pas ouvrir ses cours ! Il.elle sera ravie !

Demandez plutôt à votre enfant qu’il vous raconte sa journée et les sujets étudiés en cours. Cela oblige le cerveau à faire un effort de se remémorer ce qui vient d’être vu et cela l’entraine à restituer l’information !

Structurer son cours

Relire son cours ne sert à rien pour le retenir ! Il est important d’avoir une méthodologie qui aide à la mémorisation.

Mieux vaut le lire en surlignant les titres et mots-clés, afin de faire une fiche par leçon (synthèse ou mindmap). Surligner les titres et les sous-titres permet de mieux ranger les informations pour mieux les retrouver.

Puis se créer un petit quizz (qui servira au moment des révisions) comme si l’enfant était l’enseignant et qu’il préparait l’évaluation sur ce cours.

Comprendre et mémoriser

Incitez votre enfant à poser des questions lorsque la consigne n’est pas comprise ou quand un des mots de la consigne n’est pas compris. On ne peut pas mémoriser une information qui n’a pas de sens.

Créer des liens est également essentiel pour retenir des informations : voir des films, des documentaires, lire des livres, voir des expos en lien avec le sujet, va aider à retenir car cela permet de faire des structures cérébrales plus complexes donc plus solides.

L'impact kinesthésique de l’écriture manuscrite est plus efficace pour mémoriser que l’utilisation d’un clavier. Il est donc important de réécrire en synthétisant le cours sous la forme de fiche ou de carte mentale.

Astuces mnémotechniques pour aider à la mémorisation

Il existe plusieurs techniques de mémorisation qui peuvent favoriser la mémorisation ; en voici quelques-unes :

  • Acronymes et concaténations, sont deux façons de mémoriser qui permettent d’apprendre beaucoup de choses, comme les planètes du système solaire, les conjonctions de coordination ou le tableau périodique des éléments (tableau de Mendeleiev) ; c’est la technique la plus répandue en milieu scolaire ;
  • Carte mentale (carte heuristique ou mindmap) ; cela facilite la mémorisation d’un cours ou d’un chapitre en permettant d’organiser les idées et sous-chapitres ; cette technique est désormais enseignée dès l’école primaire parfois !
  • Palais de la mémoire ou méthode des lieux, qui consiste à associer un lieu ou un objet à une information (mot ou phrase) ; j’ai pu constater auprès des jeunes que j’accompagne, à quel point cette méthode est efficace pour aider à mémoriser !
  • Histoire, qui consiste à créer un lien entre des mots et à s’imaginer l’histoire car les images mentales sont beaucoup plus faciles à mémoriser ; par ailleurs, pour être capable de mémoriser plusieurs informations, il est important de les regrouper afin d’éviter l’effet « entonnoir » : au-delà de 7 informations, le cerveau sature et le reste de l’information n’est pas retenu. L’histoire permet de regrouper des informations, elle est donc facile à mémoriser.

Il est important que chaque jeune puisse retenir la meilleure technique mnémotechnique pour lui !

Comment se préparer pour une évaluation

Planifier les révisions

On mémorise mieux quand on a le temps d’apprendre et de réviser. Souvent le jeune surestime sa capacité de concentration.

Il ne commence pas ses révisions assez longtemps avant et se retrouve à quelques semaines (voire jours) de l’examen en n’ayant pas suffisamment de temps pour tout revoir (et pas apprendre 😉).

Or le cerveau n’étant pas habitué à autant de concentration, il risque de « lâcher » ! Donc il est important de commencer sa préparation à temps plutôt que de stresser par manque de temps surtout la veille de l’évaluation !

Répétition espacée

Comme on l’a vu avoir du temps aide à la mémorisation (dans l’idéal 21 jours) et permet de revenir au moins 3 fois sur le même cours. Cela permet une réactivation de ce qui a été retenu. Je le rappelle encore ici mais le cerveau accorde de l’importance à ce qui est impactant mais aussi à ce qui est fréquent sinon c’est l’oubli (heureusement qu’on ne retient pas tout de nos journées) !

Prioriser les révisions

Enfin, il est important de se rappeler d’être stratégique dans ses révisions en tenant compte du coefficient de la matière, inutile de peaufiner une matière de coefficient 1 quand il faut mettre tout son temps sur celle de coefficient 4 !

Et enfin, inutile de réviser la veille, il vaut mieux aller se détendre pour évacuer le stress !

Commentaires

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